Commémoration des victimes du camp de concentration rom de Lety u Písku (12 mai 2019) [cs]

Le 12 mai 2019, Mme Marianne Carré, première conseillère de l’Ambassade de France en République tchèque, a participé à la commémoration des victimes du camp de concentration rom de Lety u Písku.

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La cérémonie a débuté par l’hymne de la République tchèque et par celui des prisonniers roms, suivis d’un moment de recueillement.

Madame Carré a ensuite prononcé un discours et a déposé une gerbe aux côtés de M. Jaroslav Větrovský et M. Pavel Fischer, les sénateurs tchèques, de représentants de nombreux pays et de personnalités politiques tchèques.

La commémoration était notamment organisée par le Comité pour Retour ligne automatique l’indemnisation des victimes roms de l’Holocauste présidé par M. Čeněk Růžička.

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Discours de Madame Carré :

Mesdames, Messieurs,

Je suis très honorée d’être ici parmi vous à Lety à l’occasion de cette commémoration du souvenir des Roms déportés et assassinés il y a plus de 70 ans. Peu nombreux ont été ceux qui ont survécu aux camps de concentration nazis et sont rentrés chez eux.

Il s’agit d’une période ténébreuse de notre histoire européenne. C’est avec beaucoup d’émotion que nous nous rappelons leur sort. « Si la mémoire était un homme, il ne s’agirait certainement pas de quelqu’un qu’on souhaiterait rencontrer en pleine nuit ». Je me suis permis de citer l’écrivain tchèque Arnost Lustig qui a lui-même connu la déportation. La mémoire fait vivre les souvenirs des énormités des conflits passés ainsi que les souvenirs des bien-aimés déjà partis.

Nous vivons aujourd’hui dans une société libre et nous ne pouvons que difficilement imaginer leurs souffrances. Nous ne devons toutefois pas oublier que le mal et l’ignorance n’ont pas disparu de ce monde. Même de nos jours nous pouvons voir de nombreuses manifestations d’intolérance et de racisme.
Tout le monde n’a pas encore pleinement ressenti le progrès démocratique et la promotion des Droits de l’Homme. C’est le cas d’habitants et de minorités vulnérables, notamment les Roms, qui continuent à être victimes de l’exclusion sociale et de la discrimination.

La démocratie n’est pas donnée une fois pour toutes. Il faut en permanence s’employer à son édification. Il faut lutter contre les préjugés et contre ceux qui les promeuvent. C’est la mission de la démocratie. Nous devons à tout moment nous interroger sur ce que nous pouvons faire pour elle ici ou ailleurs.

La France est un pays des Droits de l’Homme. Malgré cela elle fait elle aussi face à des difficultés et des problèmes. Je ne suis là ni pour donner des leçons, ni pour montrer du doigt tel ou tel pays. Nous devons tous réfléchir sur les modalités permettant d’améliorer la vie des Roms, des citoyens en Europe et au sein de nos sociétés.

Je remercie les organisateurs de cette rencontre. C’est grâce à eux que nous entendons encore aujourd’hui les voix des victimes et voyons leurs visages. Votre émotion est également notre tristesse à nous.

Je vous remercie.

Dernière modification : 14/05/2019

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