Décès de Zuzana Růžičková - Message de condoléances de l’Ambassade (27 septembre 2017). [cs]

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de Zuzana Růžičková.

Cette Immense musicienne et subtile interprète de l’art du clavecin, a témoigné d’une élégance rare dans toute son œuvre. Son talent et sa belle personnalité nous manqueront.

Zuzana Růžičková disait que la musique l’avait sauvée. Déportée à l’âge de 14 ans à Terezín puis à Auschwitz et Bergen-Belsen, elle affirmait avoir retrouvé le sens de la vie après guerre à travers l’œuvre de Jean-Sebastien Bach. À l’instar de la grande Wanda Landowska qu’elle admirait beaucoup, elle a redonné en Tchéquie et en Europe les lettres de noblesse au clavecin, et au-delà au répertoire de la musique baroque dont elle a grandement contribué à la redécouverte.

Zuzana Růžičková nous a fait l’honneur de réaliser en France une part importante de son parcours de musicienne. Des le début des années 1950, elle étudie le clavecin à Paris puis entame une collaboration fructueuse avec le label Erato pour lequel elle a publié de mémorables enregistrements dont, en 1975, l’intégrale de l’œuvre de Johann Sebastian Bach pour clavecin seul. Saluées par les critiques français et tous les mélomanes, les interprétations de Zuzana Růžičkova ont été récompensées de nombreux prix dont celui de l’Académie Charles Cros. Cette grande claveciniste qui a contribué aussi à la valorisation du répertoire français dont celui de Jean-Philippe Rameau et François Couperin, reçut en 2003 les insignes de « Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres ».

A travers sa remarquable carrière musicale, Zuzana Ručickova, dans l’Histoire sombre de la fin du XXe siècle, fait partie de ses artistes lumineux dont les lieux de la renaissance spirituelle et les véritables patries sont la musique et auxquels nous serons toujours reconnaissants pour nous avoir fait partager avec générosité leur passion et leur immense talent.

Cette grandes figures européennes du monde musical, malgré les cruelles épreuves qui furent les siennes, n’eut de cesse à travers ses belles et émouvantes interprétations, de nous parler de l’humanité du cœur, de notre civilisation ainsi que des liens profonds entre nos deux pays, la Tchéquie et la France.

Nous lui devons beaucoup."

Dernière modification : 29/09/2017

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