Discours de M. Tomáš Prouza, Secrétaire d’Etat tchèque chargé des Affaires européennes, lors de la remise des insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur (16 novembre 2016) [cs]

Monsieur l’ambassadeur, cher Charles,

Ma chère famille, Votre Excellence, chers collègues, chers amis,

Cet instant est pour moi un moment de double honneur – d’une part en raison de la décision du président de la République française François Hollande de me décerner la Légion d’honneur, d’autre part en raison de la présence nombreuse ici de mes amis, collègues et personnes qui ont considérablement contribué à ce que les relations franco-tchèques soient plus intenses que jamais.

Je tiens à remercier Monsieur l’ambassadeur pour ses très gentils propos à mon égard qui ne font que confirmer à quel point nous sommes proches les uns des autres. En même temps je voudrais souhaiter à Charles Malinas, en tant que nouvel ambassadeur à Prague, que sa mission pragoise soit aussi réussie qu’elle l’a été pour ses deux prédécesseurs que j’ai l’honneur de compter parmi mes amis – Pierre Lévy et Jean-Pierre Asvazadourian. Tous les deux ont nettement fait progresser les relations franco-tchèques et je suis certain que Charles y réussira tout aussi bien. D’ailleurs il s’agit de son deuxième séjour à Prague ce qui veut dire qu’il nous connaît déjà très bien.

Les thèmes de la coopération entre la République tchèque et la France sont de plus en plus nombreux. Beaucoup sont d’ordre pratique et font progresser nos relations économiques étroites. Les investisseurs français sont propriétaires de nombre d’entreprises tchèques connaissant le succès : outre les marques connues comme TPCA, Karosa, Veolia ou Komercni banka, il y a ici de nombreuses entreprises plus petites qui réussissent très bien et beaucoup de managers français reconnus. Nous coopérons aussi dans de nombreux domaines modernes dont je ne citerai que trois dont la coopération m’apparaît très utile pour nos deux pays, à savoir l’environnement, les technologies spatiales et le développement des smart cities.

La coopération économique est tout à fait naturelle. La France est pour les entreprises tchèques un marché très attrayant et les entreprises tchèques sont intéressantes pour les investisseurs français non seulement du point de vue économique mais aussi du point de vue du potentiel d’innovation que les Tchèques savent apporter au processus de production et de modernisation.

La coopération dans le domaine de la sécurité doit être un grand thème, voire le thème principal, de la coopération en Europe. J’ai à l’esprit la sécurité intérieure où l’accent doit être mis sur la coopération dans la lutte contre le terrorisme ; la sécurité extérieure avec l’accent mis sur la capacité de l’Europe à se défendre ; et la sécurité économique où l’essentiel est de permettre aux gens d’avoir des garanties en matière d’emploi et de vie correcte.

Il est très important que dans le courant des trois dernières années nous ayons réussi, grâce à une coopération très étroite des plus hauts représentants des deux pays, à progresser dans nos relations mutuelles vers la coopération stratégique, vers la coopération au développement et à la modernisation de l’Europe, vers la coopération dans le domaine de la défense de nos valeurs communes.

Cette coopération a de surcroît des racines profondes. A la fin des années 80 du siècle passé, il n’y avait pas de symbole plus profond que le président François Mitterrand. Pendant sa visite à Prague en décembre 1988, il a invité à prendre un petit-déjeuner dans ce palais, plus exactement dans la salle à manger à quelques salons d’ici, des dissidents avec à leur tête Vaclav Havel. A cette occasion, il a laissé longuement attendre les représentants du régime. Il a été très émouvant, et pas seulement pour moi, que le Premier ministre Valls ait réitéré ce petit déjeuner pendant sa visite en décembre 2014. Par bonheur nombre de ceux qui avaient pris part au déjeuner de 1988 ont pu venir même en 2014. Ils nous ont rappelé que les valeurs ne sont pas des termes dépourvus de sens et qu’il vaut la peine qu’on se batte pour elles et qu’on sacrifie au moins son confort.

Mon premier souvenir officiel de la France est aussi un témoignage de la riche histoire de notre coopération mutuelle. C’est justement la France qui, dès le début des années 90, a proposé son soutien à notre pays en matière de mise en place d’un système d’aide aux chômeurs et à la politique active de l’emploi. Nous savions que notre économie devrait faire face à d’énormes changements et nous avions devant nous la tâche difficile de créer un système d’aide à ceux qui perdraient le travail qu’ils avaient effectué pendant des décennies. En 1990, mon père a été le premier directeur de l’Office de l’emploi à Ostrava et dès la mise en place du nouveau système a eu l’occasion de faire connaissance de la manière dont la France approchait la modernisation de l’ancienne Lorraine sidérurgique. C’est aussi grâce à cette aide de la France que la région d’Ostrava, à la différence d’autres régions semblables dans d’autres pays postcommunistes, a pu éviter les secousses sociales.
Lorsque je parle de souvenirs et de mon expérience personnelle je ne peux pas omettre d’évoquer la beauté de Paris qui est l’une de mes villes préférées, l’excellente cuisine et la riche culture françaises. Je suis très heureux que nous ayons à Prague un Institut français très actif qui présente parfaitement bien la culture française à des milliers de Tchèques. Pour mieux la comprendre, il serait certainement utile de soutenir davantage les échanges d’étudiants, les programmes français et l’enseignement du français dans les écoles tchèques. La coopération régionale et municipale est tout aussi importante et je suis très heureux que cette coopération se développe avec succès autour d’excellents projets permettant aux ressortissants des deux pays de se connaître beaucoup mieux.

Ces quelques exemples représentent des dizaines voire des centaines de cas où notre coopération apporte des résultats concrets. Nous nous comprenons, nous avons un intérêt commun à ce que l’Europe soit un endroit où il fait bon vivre. Je suis certain que nous pouvons coopérer encore plus étroitement.

Je tiens à remercier encore une fois, par l’intermédiaire de M. l’Ambassadeur, le président de la République française pour ce grand honneur qui m’a été rendu par l’attribution de cette distinction. Je ferai tout pour que nous soyons, même à l’avenir, très proches les uns des autres et que nous parvenions à trouver un accord sur un maximum de questions. Je vous remercie tous d’être venus car c’est aussi votre cérémonie et un remerciement pour tout ce que vous avez effectué pour l’excellence des relations franco-tchèques.

Je suis très heureux d’avoir pu être là avec vous.

Dernière modification : 18/11/2016

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