« Gare d’hier, gare de demain : expériences croisées France – République tchèque » (23 juin 2017).

Monsieur le Premier Vice-Ministre,
Monsieur le Maire adjoint de Paris,
Mesdames et Messieurs les Maires,
Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux,
Mesdames et Messieurs les Conseillers régionaux,
Messieurs les Directeurs Généraux,
Mesdames et Messieurs,

La République tchèque et la France ont été pionnières dans le développement des chemins de fer ? La première a inauguré la ligne entre České Budějovice et Linz, 120 km, en 1827. La seconde la ligne de la ligne de Saint-Étienne à Andrézieux, 23 km, dès 1823, puis celle qui reliait Lyon à Saint-Etienne, longue de 58 km, en 1826.

La République tchèque - en l’occurrence tchécoslovaque - a largement devancé la France s’agissant de l’implication de l’Etat dans le transport ferroviaire, puisque la société Ceske Drahy a été créée dès 1918, au lendemain du premier conflit mondial, tandis qu’il a fallu, en France, attendre 1937 pour que soit constituée, par le gouvernement issu du Front Populaire, la SNCF.

Naturellement, dès lors qu’ont été créées les premières lignes de chemin de fer s’est posée la question des gares, de leur conception, de leur construction et de leur insertion dans le tissu urbain.

En France, cette évolution a été compliquée, puisqu’en dehors de Paris, dont les 6 gares principales ont été construites au cours de la décennie 1840, la plupart des grandes villes, ne croyant pas en l’avenir du chemin de fer, ont dans un premier temps refusé de s’engager dans des travaux de cette ampleur. Cela explique pourquoi de nombreux « nœuds ferroviaires » français sont situés dans de petites agglomérations, telles Les Aubrais, Saint-Germain-des-Fossés ou Saint-Pierre-des-Corps, lesquelles avaient, elles, accepté de relever ce défi majeur de l’ère industrielle.

En dépit de ces débuts difficiles, les gares se sont imposées, au XXème siècle, comme des points d’ancrage incontournables de nos villes, de véritables carrefours urbains dont les schémas d’intermodalité ont permis d’augmenter la fréquentation dans des proportions parfois considérables.

Restait à les intégrer réellement dans la cité non seulement comme des lieux de passage, des axes de circulation, des espaces de mobilité, mais bien comme des composantes à part entière des plans d’urbanisme, des lieux de vie et d’interaction, permettant le développement d’activités sociales sans lien direct avec le transport. Restait aussi à moderniser, ce faisant, leur architecture, en tenant compte des exigences nouvelles du développement durable.

Au cours de la décennie écoulée, le double impératif d’une meilleure intégration des gares dans le paysage urbain et des contraintes liées à la grande vitesse a conduit de nombreuses gares françaises à faire peau neuve. Ce fût le cas à Paris, avec la gare Saint-Lazare, mais aussi à Lyon, Marseille, Bordeaux et dans bien d’autres villes où des chantiers ambitieux ont été menés à leur terme avec succès.

Ce succès résulte en premier lieu, bien entendu, de l’expertise technologique et architecturale. Mais cela n’aurait pas été possible sans la prise en considération de la dimension politique de tels projets, sans la mise en œuvre de véritables stratégies de communication et d’explication en direction des riverains et des usagers dont ces travaux, parfois colossaux, ont impacté la vie quotidienne plusieurs années durant.

En République tchèque, le transfert de la responsabilité des gares, en juillet dernier, de l’opérateur national, České Dráhy, au gestionnaire public des infrastructures, SŽDC, permettra sans aucun doute à votre pays d’engager, à son tour, une vague de rénovation des infrastructures concernées.

Et c’est - vous l’avez bien compris - pour cette raison que nous avons estimé que le moment était opportun d’inviter quelques-uns des principaux acteurs tchèques et français du secteur à partager leurs expériences, leurs visions, leurs ambitions et - pourquoi pas ? - à dégager des pistes de coopération.

Mais je réalise que j’ai, déjà, été un peu long, qu’il est grand temps de vous souhaiter une demi-journée d’échanges stimulants et de laisser la parole au Vice-Ministre des Transport, M. Tomáš Čoček.

Merci.

Dernière modification : 28/06/2017

Haut de page